Digital Success Academy (DSA) 2026 : opportunité réelle ou système pyramidale ?

Digital Success Academy (DSA) 2026 : opportunité réelle ou système pyramidale ?

Le buzz autour de la Digital Success Academy (DSA) explose actuellement sur TikTok, Instagram et YouTube. Sur ces plateformes, de nombreux jeunes vantent la « liberté financière », les « revenus passifs » et des « chiffres d’affaires à cinq chiffres », souvent sans compétences, sans publicité et sans produit réel à créer. À première vue, cela évoque fortement une arnaque pyramidale modernisée. Pourtant, la réalité est légèrement plus nuancée.

Dans cet article, nous allons donc analyser ce qui se cache réellement derrière la DSA. L’objectif est de comprendre pourquoi autant de personnes s’y engagent, pourquoi beaucoup n’en retirent aucun bénéfice et, surtout, comment identifier un modèle économique viable dans le marketing digital.

Temps de lecture estimé : 14 minutes

Qu’est-ce que la Digital Success Academy ? Présentation et contexte

La Digital Success Academy est une formation en ligne créée par Ayoub Rehane, entrepreneur d’origine marocaine très actif sur les réseaux sociaux. Ancien étudiant en marketing et en sciences politiques à Paris, il est également le fondateur de l’agence Bridge Media. Selon ses propres déclarations, son agence aurait généré plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires pour ses clients grâce aux réseaux sociaux.

Avec la DSA, le concept affiché est volontairement simple.

D’une part, il s’agit d’une formation complète en marketing digital.
D’autre part, l’offre inclut des outils et des contenus dits « clé en main ».
Enfin, l’élément central repose sur le droit de revendre la formation et de conserver 100 % des bénéfices.

Le prix annoncé est d’environ 597 €, payable en une ou plusieurs fois.

Comment fonctionne le modèle des Master Resell Rights (MRR)

Au cœur du système DSA se trouvent les Master Resell Rights, ou droits de revente. Concrètement, l’acheteur n’acquiert pas uniquement un contenu pédagogique. Il obtient également une licence lui permettant de revendre exactement la même formation, sous son propre nom, sans reverser de commission.

Prenons un exemple simple.
Sophie achète la formation DSA pour 597 €.
Ensuite, elle revend cette même formation à Paul pour le même prix.
Dans ce cas précis, Sophie conserve l’intégralité des 597 €.

Sur le papier, le mécanisme semble attractif. Toutefois, la réalité s’avère bien plus complexe.

Ce que la DSA promet réellement (et ce qu’elle ne garantit pas)

La formation DSA comprend plusieurs éléments.

Tout d’abord, une série de modules vidéo, généralement entre 20 et 30, couvrant le copywriting, la création de tunnels de vente, la publicité sur les réseaux sociaux et l’utilisation de l’IA pour produire du contenu.

Ensuite, un pack de produits numériques à revendre est fourni, comprenant ebooks, templates et mini-formations.

Enfin, des supports marketing sont inclus, comme des visuels, des scripts de vente et des pages web prêtes à l’emploi.

Le message marketing est clair : deux ventes suffiraient à rembourser l’investissement initial. Cependant, la véritable question reste entière. Combien de personnes parviennent réellement à effectuer ces deux ventes ? En pratique, beaucoup moins que ce que la communication laisse entendre.

Première faille : un modèle sans commission est-il crédible ?

Dans un système classique de revente ou d’affiliation, le créateur du produit perçoit une commission sur chaque vente réalisée par ses partenaires. Ici, ce n’est pas le cas.

Le fondateur ne touche aucun pourcentage sur les ventes futures. Son unique source de revenus correspond aux 597 € payés lors de l’achat initial.

Ce choix interroge pour plusieurs raisons.
D’abord, parce que la majorité des acheteurs ne réalisent jamais de vente.
Ensuite, parce que ces mêmes acheteurs produisent du contenu, témoignent et parlent de la formation, générant ainsi une visibilité gratuite massive.

Par conséquent, le créateur bénéficie d’une exposition continue sans investir en publicité ni en accompagnement supplémentaire.

Un calcul simple permet de comprendre l’intérêt du modèle.
Si 100 personnes achètent la DSA à 597 €, cela représente 59 700 € de chiffre d’affaires immédiat, indépendamment du succès réel des revendeurs.

Deuxième faille : une saturation inévitable du marché

Sur TikTok, certains revendeurs affirment avoir généré jusqu’à 10 000 € de chiffre d’affaires en quelques semaines. En apparence, ces chiffres impressionnent.

Pourtant, un rapide calcul permet de relativiser.
10 000 € divisés par 597 € correspondent à environ 17 ventes.

Maintenant, imaginons des centaines, voire des milliers de personnes tentant d’atteindre ce même objectif simultanément, sur les mêmes plateformes, avec le même produit et la même audience cible.

Inévitablement, le marché se sature.
Tout le monde vend la même offre.
Tout le monde utilise des arguments similaires.
Les prospects deviennent rapidement insensibles à ces messages.

En conséquence, les chances de réussite diminuent fortement pour la majorité des participants.

Pourquoi le modèle continue malgré tout

Une question revient souvent : pourquoi autant de personnes continuent-elles à promouvoir la DSA ?

La réponse est simple. Le système ne repose pas sur la réussite individuelle des participants, mais sur leur capacité à générer du bruit médiatique.

Même sans vendre, un participant contribue à :

augmenter la visibilité de la formation,
amplifier les recherches Google autour de la DSA,
rediriger du trafic vers le site officiel,
et devenir, sans le vouloir, un promoteur du système.

Ainsi, le modèle exploite pleinement le marketing généré par les utilisateurs, sans frais publicitaires ni véritable support.

La réalité de la formation : apprentissage ou simple espoir ?

Il est important d’être clair sur plusieurs points.

Cette formation n’est ni un diplôme reconnu, ni une certification professionnelle.
Elle ne garantit pas l’acquisition de compétences réellement valorisables sur le marché du travail.
Elle n’assure aucun emploi dans le marketing digital.

Or, le secteur est déjà fortement saturé. De nombreux profils diplômés et expérimentés peinent à trouver des opportunités stables. Dans ce contexte, une formation vendue via TikTok ne constitue pas un passeport vers la réussite.

En réalité, l’acheteur obtient du contenu, mais aucune garantie de résultat. Ce n’est pas une arnaque au sens légal, puisque le produit est bien livré. En revanche, le cœur du modèle repose davantage sur l’espoir que sur l’accompagnement réel vers la réussite.

Légalité de la Digital Success Academy : ce que dit le droit

Sur le plan strictement juridique, la Digital Success Academy n’est pas illégale en tant que telle. En France et dans l’Union européenne, un système devient illégal lorsqu’il correspond à un schéma pyramidal, c’est-à-dire lorsque la rémunération repose principalement sur le recrutement de nouveaux participants et non sur la vente réelle d’un produit ou d’un service ayant une valeur propre.

Dans le cas de la DSA, plusieurs éléments permettent d’éviter cette qualification automatique :

  • un produit existe réellement (une formation numérique) ;
  • l’acheteur reçoit effectivement un contenu après paiement ;
  • la revente repose juridiquement sur une licence de type Master Resell Rights.

En ce sens, il ne s’agit pas d’une arnaque au sens pénal du terme. Le paiement donne bien accès à un produit, ce qui rend une action juridique complexe pour un acheteur insatisfait.

Cependant, la légalité ne signifie pas absence de zone grise. Les autorités (DGCCRF, FTC aux États-Unis) s’intéressent particulièrement aux systèmes où les promesses de gains sont mises en avant sans preuve vérifiable, ou lorsque la majorité des revenus provient indirectement de nouveaux entrants plutôt que d’un marché réel et renouvelé.

Autrement dit, la DSA évolue dans une zone juridiquement tolérée, mais étroitement surveillée lorsqu’elle est associée à des discours marketing excessifs.

Le problème moral du modèle DSA

Si la légalité peut être défendue, la question morale est beaucoup plus délicate.

Le cœur du modèle ne repose pas sur la création de valeur durable, mais sur l’espoir de revente. Or, mathématiquement, tout le monde ne peut pas réussir dans un système où chacun vend exactement le même produit au même prix, sur les mêmes plateformes, à la même audience.

Dans les faits :

  • une minorité de participants, souvent très visibles, réalise quelques ventes ;
  • une majorité n’en réalise aucune ;
  • pourtant, tous contribuent à la promotion du système.

Le problème moral réside ici : le modèle fonctionne même lorsque les participants échouent. Leur échec n’est pas un bug du système, mais une condition implicite de sa rentabilité globale.

De plus, le marketing utilisé cible souvent des profils vulnérables : jeunes, personnes en reconversion, individus en difficulté financière, attirés par la promesse d’un revenu rapide et accessible. Le discours met en avant la réussite exceptionnelle, mais minimise systématiquement les taux d’échec.

Ainsi, même sans être illégal, le modèle pose une question éthique majeure : est-il acceptable de bâtir un système rentable sur la probabilité que la majorité des participants ne gagnera rien, tout en entretenant l’illusion inverse ?

Manipulation des signaux sociaux et dérives illégales potentielles

Un autre aspect rarement évoqué publiquement concerne les pratiques de gonflement artificiel des signaux de réussite autour de la DSA et de formations similaires.

Dans de nombreux cas rapportés, des groupes privés (Telegram, Discord, WhatsApp) sont utilisés pour coordonner artificiellement l’engagement sur les réseaux sociaux. Le principe est simple : chaque membre est encouragé à commenter, liker et partager les publications des autres afin d’augmenter mécaniquement la visibilité et donner l’illusion d’un succès massif.

Ainsi, une vidéo peut afficher des dizaines ou centaines de commentaires enthousiastes, alors que ces interactions ne proviennent pas de clients réels ou de prospects intéressés, mais d’un réseau interne organisé.

Pour un observateur extérieur, ces signaux sociaux créent une forte preuve sociale. Le message implicite est clair : « ça fonctionne, regarde l’engouement ». En réalité, il s’agit souvent d’un engagement circulaire, sans lien direct avec des ventes réelles.

Le problème des faux chiffres et du « fake it until you make it »

À cela s’ajoute une autre dérive plus grave : l’affichage de chiffres non vérifiables ou volontairement trompeurs. Certains participants annoncent des revenus impressionnants, parfois accompagnés de captures d’écran floues, tronquées ou sorties de leur contexte.

Le raisonnement est souvent justifié par une logique bien connue dans le marketing : « fake it until you make it ». L’idée consiste à afficher une réussite supposée pour attirer l’attention, en espérant qu’elle devienne réelle plus tard.

Cependant, sur le plan légal, cette pratique peut devenir problématique. En France, présenter de faux résultats financiers ou exagérer volontairement des gains dans un but de promotion peut relever de la pratique commerciale trompeuse. Cela concerne notamment :

  • l’affichage de chiffres inventés ou non justifiés ;
  • l’omission volontaire du taux d’échec réel ;
  • la mise en avant de cas exceptionnels comme norme atteignable.

À partir du moment où ces messages incitent une personne à investir de l’argent sur la base d’informations fausses ou biaisées, la frontière entre marketing agressif et illégalité commence à être franchie.

Une illusion de succès auto-entretenue

Le cumul de ces pratiques crée un écosystème fermé où chacun entretient la réussite des autres, indépendamment des résultats réels. Même sans ventes, un participant peut afficher :

  • des commentaires enthousiastes,
  • des messages de soutien,
  • des chiffres non vérifiés,
  • une activité constante donnant l’impression d’un business florissant.

Ce mécanisme renforce l’illusion collective et pousse de nouveaux entrants à croire que le modèle fonctionne largement, alors que la réalité économique est souvent bien différente.

Il est important de le souligner : ces dérives ne concernent pas nécessairement tous les participants, mais elles sont suffisamment répandues pour fausser la perception globale du système. Elles posent à la fois un problème moral et, dans certains cas précis, un risque juridique réel pour ceux qui les pratiquent.

Revenus non déclarés et absence de structure légale

Un dernier point, rarement évoqué dans la communication autour de la DSA, concerne la situation administrative réelle de certains revendeurs.

Dans de nombreux cas, des personnes affirment générer des revenus grâce à la revente de la formation sans disposer d’aucune structure légale déclarée. Pas d’auto-entreprise, pas de société, pas de numéro SIRET. Pourtant, elles affichent publiquement des montants présentés comme du chiffre d’affaires.

Or, en France, toute activité générant des revenus réguliers doit être déclarée, même lorsqu’il s’agit de ventes de produits numériques ou de formations en ligne. Vendre sans statut juridique expose à plusieurs risques :

  • absence de déclaration de chiffre d’affaires ;
  • non-paiement des cotisations sociales et fiscales ;
  • impossibilité légale de facturer ;
  • responsabilité personnelle en cas de litige.

Le problème est double. D’une part, ces pratiques faussent encore davantage la perception du succès réel du modèle. D’autre part, elles exposent les participants concernés à des sanctions fiscales et administratives, parfois lourdes, en cas de contrôle.

Il est important de préciser que le statut d’auto-entrepreneur ou d’entreprise n’est jamais automatiquement inclus dans ce type de formation. La responsabilité de la déclaration repose entièrement sur le vendeur. Pourtant, cet aspect est souvent minimisé, voire totalement ignoré dans les discours promotionnels.

En conséquence, certains affichent des revenus bruts sans tenir compte des obligations légales associées, donnant l’illusion d’une rentabilité immédiate, alors qu’une fois les charges, impôts et risques pris en compte, la réalité est bien différente.

Légalité n’est pas légitimité

C’est un point essentiel à comprendre. Un modèle peut être légal tout en étant discutable moralement. La DSA respecte probablement les limites du droit, mais elle s’appuie sur des mécanismes psychologiques bien connus : biais d’optimisme, preuve sociale, peur de rater une opportunité.

En pratique, le risque n’est pas juridique, mais humain et financier. Ce sont rarement les organisateurs qui perdent, mais les participants qui entrent tardivement dans un système déjà saturé.

Conclusion : faut-il investir 600 € dans la Digital Success Academy ?

Avant de prendre une décision, plusieurs questions méritent d’être posées.

As-tu déjà acheté un produit à près de 600 € via TikTok sans connaître réellement son créateur et n’a souvent aucune expérience réelle sur le sujet ?
Disposes tu d’une audience qualifiée et prête à acheter ce type de formation ?
Es-tu prêt à produire du contenu sur la durée, sans garantie de revenus ?

Si la réponse est non, le risque est clair. Tu pourrais devenir un simple rouage d’une machine marketing bien huilée, plutôt qu’un entrepreneur rentable.

La Digital Success Academy peut offrir une expérience d’observation du marketing digital. En revanche, elle ne constitue en aucun cas une recette magique pour devenir riche rapidement. La seule réussite réellement garantie reste celle de son créateur, pas celle de ses participants.


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